Omer Mahgoub de SKA Africa et conception de circuits imprimés pour l'astronomie

Judy Warner
|  Créé: October 16, 2017  |  Mise à jour: November 29, 2020

Omer Mahgoub, SKA Africa

Omer Mahgoub, SKA Africa

 

Judy Warner : Omer, pouvez-vous nous dire ce qu'est le SKA, quels pays sont impliqués et quel est son but ?

Omer Mahgoub : Le SKA (Square Kilometre Array) est une initiative internationale visant à construire le plus grand radiotélescope du monde, avec une surface collectrice totale d'un kilomètre carré et qui sera située sur deux continents (Afrique et Australie).

Les sociétés qui participent à ce projet sont réparties sur dix pays : Australie, Canada, Chine, Inde, Italie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Suède, Pays-Bas et Royaume-Uni.

 

 

Afrique du Sud - Région de Karoo

 

Le SKA nous permettra d'observer l'univers avec un niveau de détails sans précédent, de comprendre comment les étoiles et les galaxies se sont formées et comment elles évoluent dans le temps, et bon nombre de questions liées à l'énergie sombre et à la matière noire, jusqu'alors restées sans réponse, pourront être résolues.

 

 

Warner : Ça a l'air d'être un projet monumental ! Quel est le nom de l'entreprise pour laquelle vous travaillez et quel est son rôle dans la réalisation du SKA ?

Mahgoub : Je travaille pour SKA Africa qui est directement responsable de la construction du SKA en Afrique du Sud.

Warner : Ça doit être absolument passionnant. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle en tant que concepteur de circuits imprimés et quels sont les obstacles auxquels vous êtes confronté ?

Mahgoub : Je crée certaines des cartes qui servent au traitement des données reçues pas les antennes du télescope.

Comme le SKA repousse les limites de l'ingénierie et des connaissances scientifiques, pour le construire il faut utiliser des technologies de pointe et innover. Étant données les vitesses élevées qui sont en jeu dans ce type de conception, le principal obstacle est l'intégrité du signal, mais également la sensibilité de l'instrument optique car il faut réduire les interférences électromagnétiques au niveau du circuit.

Warner : Quel est votre parcours et comment avez-vous atterri dans ce projet ?

Mahgoub : Une fois mon diplôme d'ingénierie électronique en poche, j'ai d'abord travaillé dans la conception de matériel informatique, même s'il s'agissait surtout de conception de niveau supérieur et de saisie de schémas, car nous avions un concepteurs de circuits imprimés dédié. Lorsque notre entreprise a commencé à utiliser Altium, les autres ingénieurs en électronique ont commencé à élaborer leurs propres schémas et à router leurs propres conceptions, et ce grâce à la simplicité d'utilisation du logiciel, ce qui a fortement augmenté la productivité.

Warner : C'est un retour très positif ! Nous sommes ravis de voir que notre outil a été facile à adopter. Quel conseil donneriez-vous à vos collègues ingénieurs en électronique qui s'intéressent à la conception ou aux jeunes concepteurs qui débutent ?

Mahgoub : Avant de démarrer la conception de votre circuit imprimé, il faut bien connaître les capacités du fabricant de circuits pour ne pas avoir à modifier la conception ultérieurement.

 

Grand réseau d'antennes millimétrique d'Atacama - 66 antennes de 12 m, désert d'Atacama, Chili

Il faut également utiliser des plans de masse pour tout un tas de raison : pour agir en tant que chemin de retour à faible impédance pour les courants à fréquence élevée, pour réduire les interférences électromagnétiques dues au blindage du plan de masse, mais aussi pour dissiper la chaleur.

Il ne faut pas se précipiter pour le routage et passer plus de temps à réfléchir au placement des composants. Espacer suffisamment ces derniers tout en minimisant la longueur des traces pour une meilleure intégrité du signal et un routage plus aisé. Enfin, toujours faire vérifier par une autre personne l'empreinte des composants que vous avez créée.

Warner : Ayant moi-même travaillé plusieurs années avec les circuits imprimés, je suis on ne peut plus d'accord avec l'idée de travailler plus étroitement avec les fabricants. Beaucoup de temps, d'argent et de frustration peuvent être épargnés comme ça ! Et puis j'ai eu la chance de rencontrer d'excellents concepteurs qui m'ont donné le même conseil que vous : travailler en équipe pour de meilleurs résultats. Omer, merci beaucoup de nous avoir présenté votre travail pour le SKA ainsi que votre expérience en tant que concepteur de circuits imprimés dans ce projet phénoménal !

Mahgoub : Mais de rien Judy. Merci de m'avoir permis de faire part de mon expérience !

A propos de l'auteur

A propos de l'auteur

Judy Warner a occupé divers rôles dans l'industrie électronique depuis plus de 25 ans. Elle a une formation en fabrication de PCB, circuits imprimés RF et micro-ondes, fabrications spécialisées, et plus particulièrement en applications militaires/ aéronautiques.

Judy a également été auteure, blogueuse et journaliste pour plusieurs publications industrielles telles que Microwave Journal, PCB007 Magazine, PCB Design007, PCD&F et IEEE Microwave Magazine. Elle est membre active du conseil d'administration de la Printed Circuit Engineering Association. En 2017, Judy a rejoint Altium au poste de directrice de l'engagement communautaire. En plus d'organiser le Podcast OnTrack et de créer la Newsletter OnTrack, elle a lancé AltiumLive, la conférence annuelle des utilisateurs d'Altium. Judy a une passion : fournir des ressources, aider les professionnels et défendre les intérêts des ingénieurs concepteurs de circuits imprimés dans le monde entier.

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